17/06/04 - LE FORT DE MONTGILBERT ( par Franck )

 


L'histoire du franchissement des Alpes nous raconte l'aménagement des passages naturels ( les cols ) ou artificiels ( les tunnels ) par l'homme ainsi que les problèmes posés aux frontières par la rupture de la barrière naturelle que constitue une chaîne de montagne. Ainsi le col de Mont-Cenis, en haute maurienne, fut-il un passage essentiel entre la France et le royaume de Piémont-Sardaigne ( dont faisaient partie les États de Savoie jusqu'en 1860 ).

Les fortifications installées sur la route du Mont-Cenis avaient plusieurs rôles : la sécurisation des routes contre les brigands, la surveillance et surtout, depuis l'époque de Napoléon Ier, un verrou militaire puissant contre l'envahisseur! Le fort de Montgilbert, en basse maurienne, est un exemple local d'une politique de défense des axes de franchissement des Alpes.

 

CARACTERISTIQUES :

Construit après la défaite de 1870, le fort de Montgilbert (1400m) a été achevé en 1883. Il fait partie du verrou défensif de la place de Chamousset, destiné à bloquer le passage de la maurienne, ainsi que le fort d'Aiton (350m) et celui de Montperché (1000m). Il fut conçu pour résister à des tirs d'artillerie dite "rayé", très dévastateurs pour les forts plus anciens, ce qui explique que la plupart des locaux sont enterrés sous au moins 2 mètres de terre.

Il devait bien sûr avoir une capacité défensive lui permettant de bombarder l'armée d'envahissement, mais aussi de protéger les autres forts de la place de Chamousset, voire de les détruire en cas de perte d'une position fortifiée.

Ce fort pouvait recevoir une garnison de 300 hommes.

 

ANECDOTE :

Bien que n'étant pas particulièrement militariste, le fort de Montgilbert, et les fortifications de Maurienne en général ( l'Esseillon notamment !) font maintenant partie du patrimoine local. Leur histoire, leurs positionnements ( toujours à des emplacements de choix ) nous oblige à être attentif à leur devenir, voire à en faire des arguments touristiques (FACIM).

Pour le fort de Montgilbert, il est presque déjà trop tard : vandalisé et tagué, il n'est plus guère présentable en l'état (d'où l'absence de photo).

Ce fut donc une construction inutile jusqu'au bout : il ne servit jamais, des explosifs plus puissants ayant été découverts dès la fin de sa construction (seul le béton devenait alors efficace). Sa position en altitude ne lui permit même pas d'accueillir des garnisons, ni de servir de dépôt de munitions comme ses voisins ... il fut vendu par l'état en 1966.

 

 


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